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le frelon asiatique

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Message par papajm le Mer 20 Fév - 13:04

[size=36]La lutte scientifique contre le frelon asiatique : du côté de l’IRBI... (II)[/size]
Par [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
À l'IRBI (Institut de recherche sur la biologie de l'insecte), qui occupe un bâtiment dans le campus de l'université de Tours (37), Eric Darrouzet, enseignant-chercheur, étudie depuis plusieurs années le frelon asiatique ou frelon aux pattes jaunes. Avec son équipe, il travaille sur le design d’un piège sélectif, qui emploie des phéromones spécifiques à l’espèce en guise d’appât - un piège qui pourrait bientôt  être diffusé.
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Sur quels aspects de la biologie et de l’écologie du frelon asiatique votre équipe a travaillés ?
Nos travaux ont porté, depuis 2011, et avec l’aide du conseil régional Centre-Val-de-Loire, sur la biologie et l’écologie de l’insecte. Nous avons analysé son système de communication, le comportement de ses colonies, ses capacités de vol, son expansion en Europe, les relations entre espèces – cela nous a permis de mettre en évidence un parasitoïde qui peut attaquer les reines frelons. On a aussi travaillé sur la consanguinité du ravageur...
 
Ces connaissances vous ont-elles permis de mettre au point des moyens de prévention et de lutte adaptés ?
A l’origine, nous voulions trouver un outil de lutte sélectif et efficace contre l’hyménoptère, notamment par le biais du piégeage. On a mis au point un piège qui est 100% sélectif frelon, mais ce procédé n’a pas été mis sur le marché, car je n’étais pas convaincu par sa performance en nombre de captures. Ce n’est pas en effet un appât alimentaire, couramment employé dans ce genre de piège, qui va attirer le frelon. Ce qui va le faire venir, ce sont les insectes déjà capturés qui ont peur et qui relâchent des molécules, ou des composés d’alarme si l’insecte pris au piège est de la même espèce… Ce piège que nous avons mis au point n’était donc pas assez “intéressant” pour l’insecte.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Vous parlez des travaux sur la plante carnivore Sarracenia ?
L’idée, c’était d’attirer le prédateur avec une odeur végétale. On a travaillé sur une plante carnivore, du genre Sarracenia, qui semblait prometteuse. Mais après une étude de deux ans et un échantillonnage conséquent, on s’est aperçu que cela ne marchait pas très bien, entre autres pour des raisons environnementales. On a testé d’autres composés, des odeurs attirantes, mais cela n’a pas abouti non plus.
 
Pourquoi en ce cas ne pas utiliser des phéromones d’abeilles ?
C’était effectivement une piste. Mais notre première cible, ce sont les ruchers… Y relâcher des phéromones d’abeilles n’allait pas faciliter le travail de l’apiculteur ! Il fallait trouver une molécule qui ne perturbe pas trop les abeilles  et attire les frelons. Donc nous nous sommes partis sur un autre axe.
 
C’est-à-dire ?
Des appâts beaucoup plus sélectifs en termes d’attraction du frelon et qui utilisent les systèmes de communication chimique du frelon. Ils ont pour objectif le piégeage et la protection du site avec comme appât la phéromone d’alarme ou un piège avec une barrière chimique pour augmenter la sélectivité quel que soit l’appât, et la lutte contre l’espèce avec la phéromone sexuelle.

Quelle est la différence de fonctionnement entre ces deux phéromones ?
La phéromone d’alarme vise à préserver un site ; elle attire les ouvrières dans le piège, donc vous allez peu impacter l’espèce. On peut l’utiliser du printemps jusqu’à la fin de l’année. Avec une phéromone sexuelle, on cible les mâles pendant la période de reproduction. L’idée, c’est de faire diminuer la quantité de mâles disponibles pour la fécondation et par conséquent augmenter la consanguinité – un phénomène que nous avons découvert en 2015. Pour la phéromone d’alarme, nous avons des résultats très prometteurs et nous allons publier bientôt nos travaux. Nous sommes en phase de test final en laboratoire et nous allons attaquer sur le terrain l’année prochaine.
 
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Combien de temps vont durer ces travaux sur le terrain ?
Ils vont être poursuivis pendant un an. Nous devrions être fixés en 2020. Nous avons la phéromone, nous l’avons même en synthétique. Nous avons quasiment fini notre travail en laboratoire. Mais je préfère être prudent, car cela peut ne pas marcher en milieu naturel !
 
Et sur la phéromone sexuelle ?
J’ai une étudiante qui travaille sur cet aspect.  L’analyse de la composition des colonies de frelons montre en effet un impact lié à des conditions de consanguinité. Des mâles sont ainsi produits à la place de femelles (ouvrières et reproductrices). L’idée est de forcer ce phénomène pour que les colonies produisent plus de mâles que prévu. Dès lors, il y aura moins d’ouvrières pour s’occuper du nid et moins de reines produites. Et si ces futures reines s’accouplent avec ces mâles, elles auront une descendance stérile...
 
Avez-vous également travaillé sur des systèmes répulsifs ?
C’est un axe que j’aime moins. Il n’est en effet pas très délicat de repousser à distance d’un rucher des frelons asiatiques pour qu’ils aillent dans un rucher voisin… Mais dans le développement d’outils de protections ciblés, nous analysons aussi cette possibilité.
 
Travaillez-vous avec d’autres laboratoires étrangers ?
C’est indispensable ! J’ai créé, en 2017, un consortium international pour travailler sur le contrôle sélectif de V. velutina. Il regroupait une vingtaine de laboratoires européens et deux laboratoires chinois. C’est un projet que j’ai déposé au niveau européen, mais malheureusement il n’a pas été financé. Actuellement, je rencontre une fois par an des collègues italiens, espagnols, portugais, d’Europe du Nord et d’Angleterre, afin de mettre en commun nos travaux et d’imaginer le type de collaboration à mettre en place. Sur la protection des ruchers, j’ai à l’heure actuelle des collègues d’Europe du Sud qui testent des boulettes empoisonnées. Ils ont l’air satisfaits, mais ils ne maîtrisent pas les effets collatéraux sur l’entomofaune.
 
Que pensez-vous justement des pratiques de piégeage de colonies à partir de molécules de type Fipronil ou Spinosad ?
Avec le frelon asiatique à l’heure actuelle, les apiculteurs ont un énorme problème et personne n’est capable de leur trouver une solution sélective. Ils sont donc dans l’urgence et testent chacun dans leur coin de nouvelles méthodes de piégeage. Cette pratique est assez développée, notamment en Italie, et pour beaucoup, elle semble fonctionner. Mais n’oublions pas que cette méthode n’a pas étudiée scientifiquement – on ne sait pas grand-chose sur son efficacité réelle – et l’on ne connaît pas non plus son impact environnemental. Ces apiculteurs prennent donc un énorme risque, mais je n’irai pas leur jeter la pierre. Ils doivent protéger leur cheptel apicole. A nous les scientifiques de trouver et de leur proposer des solutions efficaces et respectueuses de l’environnement.
 
Voir aussi : le site [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
Photos (et vignette) : Cyril FRESILLON/IRBI/CNRS Photothèque
 

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Message par papajm le Mer 20 Fév - 13:05

[size=36]La lutte scientifique contre le frelon asiatique : du côté de l'INRA… (I)[/size]
Par [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien]
La saison apicole 2018 aura été marquée par une recrudescence des attaques de frelons asiatiques sur la plupart des ruchers. Beaucoup d’apiculteurs s’avouent impuissants… Faut-il, pour autant, espérer des avancées du côté des scientifiques sur ce redoutable prédateurs d’insectes ? Pour en savoir plus, nous avons interrogé Denis Thiéry, directeur de recherche de l'unité Save (Santé et agroécologie du vignoble), du centre Inra Bordeaux Nouvelle-Aquitaine, qui étudie Vespa Velutina depuis 10 ans.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]
Quelles remontées d’informations sur le frelon asiatique avez-vous eu cette année ?

Les aires géographiques s’étendent, et des régions comme l’ouest de la Bretagne sont sévèrement impactées (ex. : Brest, Lorient), ainsi que le Cotentin et, d’une manière générale, le département de la Manche. J’ai aussi des “retours” sur la région d’Amiens qui semble fortement touchée. On m’a rapporté la présence d’un nid de frelons dans le parc des Écrins, et il y en a probablement plusieurs. Cela reste à confirmer, mais c’est inquiétant, car d’aucuns prétendaient que le frelon aurait du mal à s’installer dans les zones montagneuses… Je n’ai jamais partagé cet avis. On a en effet de grosses populations dans les Pyrénées (Pays basque) et dans l’arrière-pays niçois (Mercantour). J’ai, pour ma part, observé cette année plusieurs colonies assez volumineuses près de Bagnères-de-Luchon (31). En Italie, dans le nord-ouest, la Ligurie est fortement impactée, jusqu’à des altitudes supérieures à 600 m. Donc les croyances dans des zones montagneuses vierges de frelons asiatiques ne tiennent pas. Il faut de l’eau et de la viande (ou du poisson) accessibles facilement lorsque la reine fondatrice créée, au printemps, son premier nid et le fait grandirComme les futures reines peuvent résister assez facilement au froid pendant l’hiver, et qu’en plus elles se protègent dans des sortes de terriers…

Les espèces d'abeilles sauvages peuvent-elles être “anéanties”, comme le prétendent certains défenseurs de l'environnement en Angleterre ? Paul Hetherington, du groupe de conservation Buglife, a déclaré que la fréquence accrue des observations de frelons asiatiques était “très préoccupante”?  
En théorie oui. En tous cas, ce risque existe, mais Vespa velutina (le frelon asiatique) préfère capturer des proies concentrées. Il est beaucoup plus efficace sur des ruches qui ne sont pas déplacées. Dès qu’il commence à chasser, il apprend à localiser la ressource et revient ainsi plusieurs fois par jour, et plusieurs jours d’affilée. Il peut aussi attaquer à plusieurs, en bande, ce qui réduit le risque pour le prédateur. Enfin, nous avons observé que V. velutina peut aussi s’en prendre à des colonies de bourdons et des essaims d’abeilles lorsqu’elles essaiment.
 





Vous avez développé en 2017, avec l’université anglaise d’Exeter, une méthode originale permettant une localisation des nids de cette espèce invasive. Comment fonctionne cette technique ?
Elle consiste à capturer des ouvrières chasseuses, en poste devant les ruches (voir la vidéo ci-dessus). On les équipe d’une balise émettrice, suspendue à leur abdomen dans une petite nacelle. Les ouvrières ainsi équipées sont entraînées à voler dans une cage de vol avant d’être relâchées. Les chercheurs peuvent alors les suivre à distance jusqu’à leur nid, qui demeure toujours très difficile à localiser. Celui-ci peut être ensuite détruit avec des agents de biocontrôle non nuisibles à l’environnement.

[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]Quelle est l'origine de cette idée ?
C’est une piste que nous défendons depuis 2007, avec le début de nos recherches sur Vespa velutina. Jusque-là nous n’avions pas de solution technique fiable, et les solutions de radar harmonique [employé notamment dans la recherche de personnes ensevelies sous les avalanches, NDR], proposées par les Italiens, ne nous semblaient pas porteuses. Notre collaboration avec Peter Kennedy, de l’université d’Exeter, en 2017, a vite fait progresser ces recherches (qui ont été conduites en fin d’été 2017, à Bordeaux). Les Anglais avaient, en effet, une grosse expérience de ces balises émettrices sur des insectes volants.
 
[Vous devez être inscrit et connecté pour voir cette image]À quels problèmes vous êtes-vous heurtés pour établir la viabilité de cette expérience ?
Trouver le bon poids des ouvrières frelons asiatiques nous a demandé un long travail… Nous sommes en limite de ratio poids de la balise/poids du frelon (actuellement la balise représente environ 50% du poids du frelon, mais on peut aller jusqu’à 60 %). Il faut donc choisir les plus grosses ouvrières de frelons, savoir les capturer et les manipuler.  Attraper et équiper une ouvrière, puis lui réapprendre à voler avec son surpoids, dure entre 30 min et 1 h…

Cette technique va-t-elle connaître une application commerciale ?
Cela ne dépend pas de nous, et nous ne sommes pas des développeurs. Il faudrait trouver des start-up ou des sociétés qui s’intéressent à ce genre de technique. Nous avons publié la preuve de concept, et une méthodologie possible et efficace. Mais le coût des balises émettrices est un frein (150 € pièce). D’autre part, pister les frelons équipés demande une personne compétente – donc formée –, qui ne peut suivre qu’un ou deux individus simultanément… Enfin, la traque peut varier entre 1 h , jusqu’à plusieurs heures pour des frelons qui ne rentrent pas directement au nid. De fait, ils ne ramènent pas de proie – ce qui est leur fonction : ramener des abeilles pour nourrir le couvain –, donc ils ne rentrent pas directement comme ils le feraient avec leur "butin"…

De plus en plus d’apiculteurs désemparés par la prédation des frelons asiatiques utilisent désormais la méthode israélienne de piégeage [on administre aux ouvrières frelons un poison à effet retardé qui, grâce à la [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien], finit par arriver à la reine et la tuer, NDR] avec des molécules à base de Fipronil ou de Spinosad ? Que penser de cette méthode ?
Aucun travail scientifique ne prouve l’efficacité de cette technique. Le Fipronil n’a quant à lui aucune homologation pour cet usage ! Ce procédé suppose de mettre des appâts insecticides dans la nature, sur des sites de nourrissage, et de multiplier ces pièges. Aucune précaution sur les appâts non spécifiques n’est proposée, ni sur le devenir des nids, qui vont être chargés de ces produits nocifs. Ces nids affaiblis, à condition que le piégeage fonctionne, vont devenir alors ressource nutritive non protégée, puisqu’il y aura moins d’individus dans la colonie. Ils serviront de nourriture chargée en insecticide pour les oiseaux, les rongeurs… L’INRA ne participe pas à ces projets, qui sont non conformes avec sa volonté d’inscrire ses recherches dans une réduction des insecticides dans l’environnement.

Photos, de haut en bas : INRA /Denis Thiéry, Nevile Maher – Université d'Exeter – INRA/A. Girard
Pour retrouver les deux premières interviews de Denis Thiéry sur le blog Rustica, voir [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien] et [Vous devez être inscrit et connecté pour voir ce lien].

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